Fernand Dauchot dit DAUCHO


Le propre de l’artiste est de pouvoir se prolonger à travers son œuvre longtemps après le terme de sa vie. Pour peu, et ce n’est pas rien, que la famille et l’entourage de l’artiste aient à cœur de jouer pleinement leur rôle de transmission et de valorisation de l’œuvre.
Pour Fernand Dauchot dit Daucho, l’histoire est singulière, puisque cet ami de Vlaminck et d’Asselin, né à Paris au tournant du XXe siècle et installé à Pont-Aven en 1923, aura quasiment connu deux carrières.
La première est celle d’un peintre de paysages au métier solide, d’un réalisme dynamisé par le fauvisme, peu enclin à diffuser son œuvre du fait d’une tendance à la misanthropie consécutive à la perte d’un bras lors de la Grande Guerre.
La seconde, plus surprenante, est celle d’un artiste s’imposant à l’âge mûr un tournant radical, en développant à partir de 1958 un langage pictural personnel, géométrique mais figuratif, à rebours des tendances de l’art de l’époque. Il en profite pour simplifier son nom d’artiste, qu’il signe désormais DAUCHO.
Il s’emploiera désormais à chroniquer le quotidien le plus anecdotique de ses contemporains (badauds du 14-Juillet et jeunes filles en bikini, blousons noirs et bigoudens en coiffe…) avec un mélange unique de rigueur technique et d’humour tantôt acide et tantôt tendre. Il s’éteint en 1982.
Témoignage d’une traversée singulière de l’art du vingtième siècle, l’œuvre de Daucho est plus que jamais une histoire à suivre. De près.
Patrick Gloux 2025










